27/01/2025
J'avais écrit ceci l'an passé. Je le poste de nouveau. Faites lire ce roman à vos enfants, pendant les vacances !
"Pour en finir avec les demi-dieux
Certains livres sont des maladies contagieuses. Ils vous prennent aux doigts ou à la gorge - vous enfoncent l’écharde d’un panaris ou la dague d’une angine à la jugulaire. « Les blessures du silence » sont de ce rang. Il est clair que je n’ai pas trouvé dans ce roman la suave érudition du dernier d’Ormesson. Pourtant, le texte d’Affoué Malan ne m’a pas laissé indifférent. Il m’a communiqué ses rages et ses colères, il m’a fait porter les espoirs de guérison d'un monde en tourments. J’en suis sorti fortifié, comme par effet de vaccination. Je dois dire qu’en ouvrant « Les blessures du silence », je ne m’attendais guère à être remué.
La composition du titre, à mon avis, ne promettait ni monts ni merveille, la couverture proposée par l’éditeur, Les éditions Matrice, encore moins ne m’invitait, aux cimes. Mais, j’ai toujours pensé qu’il était du devoir de certains – je les appelle, les « Gouverneurs de la chaussée » – de maintenir un œil ouvert sur tout ce qui circule sur la voie publique. Brigadiers bénévoles de l’intérêt général, ils me paraissent être en devoir de passer au crible tout ce qui s’engage dans les artères de la cité : œuvres d’arts, arrêts politiques, écrits, discours et phénomènes divers. Or, l’œuvre littéraire, quelle qu'en soit la teneur idéologique ou esthétique, participe de cette grande circulation appelant le bénévolat inquisitorial de tous les îlotiers d’attaque.
C’est pourquoi, fidèle à l’esprit du corps, j’ai – lors de mon passage au parc d’exposition de Port-Bouët - happé les quelques pièces de pages que me permettait de choper une bourse voulue ce jour-là plus généreuse. Bref, je viens, à l’instant, de me faire les tripes d’un texte qui aura remué les miennes. Et une question m’est venue à l’esprit : « Les blessures du silence », un texte de plus sur la condition féminine ?