06/01/2026
Liberté d’expression en RDC : quand l’arrestation d’un jeune leader interroge notre engagement démocratique
Éditorial
La République Démocratique du Congo se définit, dans sa Constitution, comme un État démocratique fondé sur le respect des droits et libertés fondamentales. Pourtant, l’arrestation du jeune leader Nathanaël Onokomba Serait, intervenue à l’Université Pédagogique Nationale (UPN), vient raviver les inquiétudes persistantes quant à la réalité de ces principes dans la pratique quotidienne de la gouvernance.
Au-delà de la personne concernée, cet événement pose une question de fond : quelle place est réellement accordée à la liberté d’expression, d’opinion et à la participation citoyenne dans notre démocratie ?
Dans toute société démocratique, la parole critique — lorsqu’elle est pacifique et responsable — constitue un moteur de progrès. Les jeunes leaders, les étudiants, les journalistes et les acteurs de la société civile jouent un rôle essentiel dans l’animation du débat public et dans l’interpellation des dirigeants. Assimiler cette dynamique citoyenne à une menace revient à fragiliser les fondements mêmes de l’État de droit.
La Constitution congolaise garantit explicitement la liberté d’expression, la liberté d’opinion et la liberté de la presse. Ces droits ne sont ni des faveurs accordées par le pouvoir, ni des privilèges conditionnels : ils sont des droits inaliénables, au cœur du contrat social entre l’État et les citoyens. Toute restriction à leur exercice doit être strictement encadrée par la loi, justifiée, proportionnée et transparente.
Dans la vision « Le changement de mon pays d’abord », le développement et la stabilité de la RDC ne peuvent se construire dans la peur, le silence ou la répression des idées. Le changement véritable repose sur l’écoute, le dialogue et la responsabilité institutionnelle. Une démocratie solide ne redoute pas les voix critiques ; elle les encadre, les protège et les transforme en opportunités d’amélioration collectiv