05/13/2026
Le drame entourant Raïssa Kengne repose sur un engrenage de délires paranoïaques non traités liés à une schizophrénie, qui ont transformé des différends professionnels en une obsession meurtrière.
Le verdict rendu en mai 2026 par le tribunal du comté de Fulton précise qu'elle a été reconnue « coupable mais souffrant de maladie mentale » (Guilty but mentally ill).
Ce statut confirme sa responsabilité pénale tout en actant sa pathologie.
Voici la chronologie et les faits réels établis par l'enquête et le procès :
1. Le point de départ : Un différend financier chez BDO Raïssa Kengne travaillait comme auditrice pour le cabinet comptable BDO USA. Elle a affirmé avoir découvert une « déficience importante » dans un audit financier. Estimant que ses supérieurs ignoraient l'alerte, elle a affirmé que l'entreprise avait tenté de la corrompre en lui offrant une augmentation de salaire de 12 % pour la faire taire, ce qu'elle a vécu comme un affront.
Elle a quitté l'entreprise fin 2021.
2. La dérive paranoïaque et la théorie du complot
À partir de ce conflit, Raïssa Kengne a sombré dans un délire de persécution massif. Elle a déposé une plainte fédérale de près de 600 pages visant plus de 30 personnes et entités (dont ses anciens employeurs, ses anciens avocats, la police d'Atlanta et la gestion de son propre immeuble de l'immeuble 1280 West).
Elle était persuadée que :Son ancien manager chez BDO, Wesley Freeman, l'espionnait et piratait ses appareils électroniques.
La société de gestion de sa résidence, gérée par Michael Shinners, s'était alliée à BDO pour s'introduire chez elle à l'aide de doubles de clés afin de voler des preuves dans son coffre-fort.
La police d'Atlanta, après vérification des caméras et constatations, a classé ses plaintes répétées comme « sans suite pour absence d'infraction ».
Se sentant abandonnée par la justice, elle a commencé à publier ses frustrations de manière agressive sur LinkedIn, avant de décider de se venger.
3. Le déroulement de la tuerie (22 août 2022)Armée d'un pistolet G***k 9 mm, elle a méthodiquement ciblé les personnes nommées dans sa plainte :Premier arrêt (Résidence 1280 West) : Elle s'est rendue au bureau de gestion de son immeuble. Elle a abattu à bout portant le gestionnaire immobilier Michael Shinners (60 ans) et a grièvement blessé le chef ingénieur Michael Horne (qui survivra à l'attaque avant de décéder d'un cancer en 2024).
Elle a également braqué une secrétaire pour obtenir des clés, avant de fuir.Deuxième arrêt (1100 Peachtree Street) : Environ 15 minutes plus t**d, elle s'est rendue dans un immeuble de bureaux voisin où elle a abattu son ancien superviseur, Wesley Freeman (41 ans).
Troisième arrêt (Ansley Park) : Elle a pris un taxi vers la maison de son ancien avocat spécialisé dans les lanceurs d'alerte, qui avait refusé de la représenter. Les caméras de surveillance l'ont montrée tentant de forcer la porte arrière de la maison, mais l'avocat était absent.
4. L'arrestation et le procès
Elle s'est ensuite fait conduire à l'aéroport international Hartsfield-Jackson d'Atlanta pour tenter de fuir. C'est le chauffeur de taxi, alerté par le signalement de la police, qui a permis aux agents fédéraux de l'interpeller dans le terminal international avec l'arme du crime encore dans son sac.
Pendant la procédure, sa santé mentale a suspendu le procès à plusieurs reprises, les experts l'ayant officiellement diagnostiquée schizophrène. L'accusation a toutefois prouvé qu'elle savait distinguer le bien du mal au moment des faits, comme en témoignent sa planification (sa liste de cibles), sa fuite organisée et la dissimulation de son arme.