03/12/2026
Aujourd’hui, je dois annoncer quelque chose qui me brise le cœur comme employeur.
Aujourd’hui, le système d’immigration québécois vient de faire sa première victime chez nous.
Une mère de famille.
Respectueuse.
Compétente.
Appréciée de ses collègues.
Une personne qui ne demandait qu’une chose : travailler honnêtement.
Elle n’a jamais demandé la charité.
Jamais demandé de privilège.
La vérité, c’est que c’est nous qui l’avons fait venir.
Parce que comme des milliers d’entreprises au Québec, nous manquons de main-d’œuvre.
Parce que nous croyions aux règles.
Parce que nous croyions que si nous faisions les choses correctement, le système fonctionnerait.
Nous avons rempli des formulaires.
Des piles de formulaires.
Nous avons fourni des preuves.
Encore et encore.
Nous avons payé des frais.
Beaucoup de frais.
Nous avons attendu.
Longtemps.
Et au final ?
Refus.
Sans logique humaine.
Sans cohérence avec la réalité du terrain.
Vous avez déjà vu le film Astérix et les 12 travaux ?
Le fameux laissez-passer A38 ?
Pendant longtemps, on riait de cette scène absurde où un système administratif devient complètement fou.
Aujourd’hui je peux vous dire une chose :
ce n’était pas une exagération.
La quantité de documents exigés, l’argent dépensé et le niveau de non-sens administratif que nous avons traversé sont tout simplement lunaires.
Et pendant ce temps…
On lit partout que le taux de mortalité dépasse maintenant le taux de natalité.
Ça ne prend pas un doctorat en mathématiques pour comprendre une chose simple :
Notre survie collective passe par une immigration structurée, humaine et intelligente.
Pas par un labyrinthe administratif qui finit par briser les familles et décourager les employeurs de bonne foi.
Aujourd’hui, je dois laisser partir une employée exemplaire.
Une mère de famille.
Quelqu’un que nous avions accueilli ici avec l’idée simple qu’elle pourrait bâtir sa vie avec nous.
Et honnêtement, j’ai honte.
Honte qu’on passe pour une société sans paroles.
Parce que ces gens-là ne sont pas venus tendre la main.
Ils sont venus travailler.
Et nous leur avions promis une chance.
Aujourd’hui, je suis en colère.
Mais surtout, je suis profondément déçu.
Parce qu’on peut faire mieux que ça.
Et surtout, on doit faire mieux que ça.
- Marc-André Benoit, copropriétaire