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DU DISCOURS À LA MÉTHODE : LE DIALOGUE CITOYEN COMME ENJEU DE GOUVERNANCE À DSCHANGL’intervention, le lundi 25 mai 2026,...
28/05/2026

DU DISCOURS À LA MÉTHODE : LE DIALOGUE CITOYEN COMME ENJEU DE GOUVERNANCE À DSCHANG

L’intervention, le lundi 25 mai 2026, du Pr Émile TEMGOUA, maire intérimaire de Dschang Dschang, sur les ondes de la Radio Nghie-Lah mérite une attention particulière.

Au-delà des annonces liées à l’assainissement, à l’organisation administrative ou aux infrastructures sportives, un élément plus discret, mais potentiellement structurant, se dégage de cette sortie médiatique animée par Feelingué Boyyz L'Acteur . Il s'agit de la volonté affichée et répétée de rapprocher l’administration municipale des populations et de construire une dynamique fondée sur l’écoute, l’implication et la réconciliation.

Même si le terme n’a pas été explicitement employé, cette approche renvoie à ce que les spécialistes de la gouvernance locale désignent aujourd’hui sous le concept de dialogue citoyen. Et dans un contexte marqué par la méfiance et l’affaiblissement progressif du lien entre institutions locales et citoyens, cette orientation constitue à mon sens un signal positif. Et c'est précisément parce qu’elle est importante, elle mérite d’être clarifiée.

Sans prétendre avoir la science infuse, je dois dire que le dialogue citoyen ne se réduit ni à une communication de proximité, ni à des appels ponctuels à la mobilisation populaire.

Il s'agit d'une méthode de gouvernance. Une méthode exigeante, structurée et encadrée.

J'ai eu l’occasion d'apprécier la Charte du dialogue citoyen adoptée en 2010 par la Ville de Nantes. Ce document part d’une idée simple mais fondamentale. C'est que les citoyens ne doivent pas seulement être consultés après les décisions ; ils doivent pouvoir participer à la réflexion, à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques locales.

La charte rappelle d’ailleurs un principe essentiel. Le dialogue citoyen ne remplace pas les institutions élues ; il vient enrichir leur décision pour la rendre plus pertinente et plus efficace.

Autrement dit, écouter les citoyens ne signifie pas gouverner dans l’improvisation ou dans l’émotion. Cela suppose au contraire des espaces clairement identifiés, des règles de participation connues, une information accessible, des objectifs précis, des mécanismes de restitution et surtout la capacité pour les autorités de montrer ce qui a été retenu ou non des contributions citoyennes.

C’est là toute la différence entre une consultation symbolique et une véritable gouvernance participative. Cette approche suppose également une implication beaucoup plus active des élus locaux eux-mêmes. À Nantes, j’avais été marqué par la place occupée par les élus dans l’animation du dialogue citoyen. Il n’était pas rare de les voir présents, parfois presque chaque soir, dans les quartiers, lors de réunions publiques, d’ateliers participatifs ou de rencontres thématiques avec les habitants. Ces échanges ne relevaient pas du simple protocole politique. Ils portaient sur des projets concrets, des décisions à venir, des difficultés quotidiennes ou encore des arbitrages budgétaires touchant directement la vie des citoyens.

Autrement dit, les élus ne devraient pas se limiter à voter des délibérations au sein du conseil municipal, ils doivent assurer aussi une fonction essentielle de médiation entre la commune et les populations.

Cette culture de proximité transforme profondément le rôle du conseiller municipal qui cesse d'être seulement celui qui représente les citoyens au moment du vote pour devenir aussi celui qui écoute, explique, consulte, rend compte et parfois ajuste l’action publique à partir des réalités exprimées sur le terrain.

Il est clair que dans beaucoup de collectivités africaines, y compris à Dschang, cette dimension reste encore insuffisamment développée. Les sessions du conseil municipal demeurent souvent le principal sinon l’unique espace visible d’intervention des élus, alors même que la démocratie locale exige une présence plus continue auprès des populations.

La Charte nantaise insiste également sur la reconnaissance de “l’expertise citoyenne”.
Puisque les habitants ne sont pas seulement des administrés. Ils sont aussi détenteurs d’une connaissance concrète des réalités locales, des usages, des besoins et des dysfonctionnements du territoire.

Dans une ville comme Dschang, cette approche pourrait ouvrir des perspectives importantes.
Sur les questions d’hygiène qui constituent visiblement le premier angle d'attaque du maire Emile Temgoua, les populations pourraient continuer d'être associées comme c'est déjà le cas, aux opérations de nettoyage, mais, elles doivent aussi intégrer les moments de réflexion sur les comportements, les circuits de collecte, les zones critiques ou les mécanismes de sensibilisation.

Sur les permis de bâtir, le dialogue citoyen pourrait renforcer ce qu'il a tant expliquer dans l'émission radio, c'est à dire permettre de mieux expliquer les contraintes réglementaires tout en identifiant les blocages administratifs vécus par les usagers.

Sur les infrastructures sportives, les jeunes, associations et riverains pourraient être impliqués en amont dans les réflexions sur les besoins réels, les priorités et les usages futurs.

Il est donc question pour nous d'attirer l'attention des élus afin qu'ils ne confondent pas dialogue citoyen et communication politique. Car, un véritable dialogue citoyen suppose aussi l’acceptation de la contradiction, de la critique et parfois même du désaccord.
Il exige une culture institutionnelle nouvelle, dans laquelle le citoyen n’est plus perçu uniquement comme bénéficiaire ou soutien politique, mais comme acteur de la construction de l’action publique.

CDB

[Peine de mort au Cameroun]Un rapport alerte sur des « vies en suspens »Le siège du Réseau camerounais des organisations...
28/05/2026

[Peine de mort au Cameroun]
Un rapport alerte sur des « vies en suspens »

Le siège du Réseau camerounais des organisations des Droits de l'homme ( Recodh), situé au quartier Simbock à Yaoundé, a servi de cadre, le 27 mai 2026, à la présentation officielle du rapport de mission d’enquête intitulé Des vies en suspens : la situation des personnes condamnées à mort au Cameroun. La rencontre a réuni avocats, journalistes, défenseurs des droits humains et représentants d’organisations de la société civile autour d’une question aussi sensible que fondamentale : celle de la peine de mort au Cameroun.

Après le mot de bienvenue prononcé par Joseph Désiré Zébazé, coordonnateur du RECODH, la parole a été donnée à Me Nestor Toko Monkam, avocat au barreau du Cameroun et président du Réseau des avocats camerounais contre la peine de mort (RACOPEM), afin de planter le décor de cette rencontre consacrée à la peine capitale au Cameroun. Aux côtés de Marie-Lina Pérez, représentante Afrique et Asie de Ensemble contre la peine de mort (ECPM), l’avocat a rappelé le long travail de sensibilisation mené depuis plusieurs années auprès des différents acteurs institutionnels et sociaux.

« C’est un travail qui évolue et nous voyons le changement de mentalités se réaliser sur le terrain parce qu’au début de ce combat, la peine de mort était un sujet tabou. Mais aujourd’hui, on peut échanger librement, même avec le ministre de la Justice, ce qui n’était pas acquis hier », a-t-il déclaré devant l’assistance composée d’avocats, journalistes et membres d’organisations de la société civile.

Me Nestor Toko Monkam a également souligné l’évolution progressive de certaines institutions sur la question abolitionniste. « Même la CDHC avait une position plutôt rétentionniste. Mais à force de sensibilisation, la CDHC a changé sa position », a-t-il indiqué.

Revenant sur l’historique du plaidoyer engagé autour de la peine de mort au Cameroun, il a rappelé qu’une première mission d’enquête réalisée en 2019 avait permis de formuler plusieurs recommandations à l’endroit du gouvernement, des organisations de la société civile et de la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC). Selon lui, la nouvelle mission conduite en 2025 visait précisément à évaluer le niveau d’évolution et la prise en compte de ces recommandations par les autorités camerounaises.

Fruit d’une enquête menée entre janvier et octobre 2025 par l’association Droits et Paix, le RACOPEM et l’ECPM, ce document de 59 pages dresse un tableau préoccupant des réalités vécues par les personnes condamnées à mort dans les prisons camerounaises.

Les équipes d’enquête ont visité dix établissements pénitentiaires et rencontré quarante-cinq personnes condamnées à mort ainsi que plusieurs personnels pénitentiaires. L’étude couvre notamment les prisons de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Dschang, Maroua, Mbouda ou encore Buea.

Le rapport met en lumière une diminution du nombre de condamnés à mort dans certaines prisons depuis la précédente mission réalisée en 2018. Cette baisse serait liée aux recours exercés par les avocats, aux commutations de peine intervenues après le décret présidentiel de 2020, mais également à des décès enregistrés en détention.

Cependant, derrière ces chiffres, le document révèle surtout le drame humain que représente la peine capitale, à travers des récits de torture, de procédures judiciaires contestées et de longues années passées dans l’attente.

TORTURE, AVEUX FORCÉS ET JUSTICE FRAGILISÉE

L’un des aspects les plus alarmants du rapport concerne les atteintes au droit à un procès équitable. Plusieurs témoignages évoquent des violences lors des enquêtes préliminaires, l’absence d’avocat pendant les auditions, des difficultés linguistiques ou encore des aveux obtenus sous la contrainte.

Les enquêteurs dénoncent également les lenteurs judiciaires. Certaines personnes interrogées vivent sous condamnation à mort depuis plusieurs décennies. Des détenus rencontrés à Bafoussam, Yaoundé ou Dschang cumulent plus de quarante années d’incarcération.

Au-delà de la question de la peine capitale elle-même, le rapport décrit des conditions de détention particulièrement difficiles : surpopulation carcérale, insuffisance alimentaire, accès limité aux soins, violences disciplinaires et détresse psychologique.

Les discussions ont également mis en lumière le sentiment d’injustice ressenti par une partie de l’opinion publique face aux disparités observées dans les conditions de détention. Plusieurs intervenants ont relevé que certains détenus, notamment impliqués dans des affaires de détournements de fonds publics ou de criminalité financière, semblent bénéficier de conditions plus favorables que d’autres prisonniers, alimentant ainsi la défiance envers l’institution judiciaire avec en conséquence une autre forme de peine de mort déguisée et masquée dans la clameur et par la justice populaire qui ne sauraient être interprétées comme une volonté populaire traduisant une quelconque position retentioniste que les magistrats devraient suivre ou satisfaire.

UN CAMEROUN TOUJOURS RETENTIONISTE

Bien qu’aucune exécution n’ait été officiellement enregistrée au Cameroun depuis 1997, la peine de mort demeure inscrite dans l’arsenal juridique national. Le Code pénal de 2016 ainsi que la loi antiterroriste de 2014 maintiennent la peine capitale pour plusieurs infractions.

Le rapport rappelle qu’en 2026, le Cameroun reste, avec la République démocratique du Congo, l’un des deux derniers pays d’Afrique centrale à conserver la peine de mort dans sa législation.

Alors que plusieurs États africains ont récemment franchi le cap de l’abolition, les organisations signataires appellent les autorités camerounaises à engager des réformes profondes dont l'abolition de la peine de mort, la lutte contre la torture, l'amélioration des conditions carcérales et le renforcement des garanties procédurales.

Les échanges ayant suivi la présentation du rapport ont permis de mettre en évidence les tensions qui entourent encore le débat sur la peine de mort au Cameroun. Entre demande populaire de sanctions exemplaires face à certains crimes particulièrement choquants et nécessité de protéger les Droits fondamentaux, le sujet continue de diviser.

Plusieurs participants ont notamment estimé qu’il était difficile de lutter efficacement contre la justice populaire tout en conservant une logique rétentionniste. Selon eux, les lynchages régulièrement observés dans certaines villes traduisent moins une adhésion spontanée à la violence qu’une profonde crise de confiance envers la justice et un sentiment d’impunité.

Pour les défenseurs des droits humains dont Sylvie Félicité NDONGMO, présidente de Women's International League for Peace en Freedom (WILPF), présents à Simbock, la réponse à cette crise passe avant tout par une justice crédible, équitable et appliquée à tous sans distinction. Avec ce rapport, les organisations engagées contre la peine de mort espèrent ainsi relancer le débat national sur l’avenir de la peine capitale au Cameroun et rappeler que derrière chaque condamnation se trouvent des vies humaines « en suspens ».

CDB

[OBSÈQUES DE MAURICE TATSA À BATCHAM]LE SECTEUR TOUMGWANG REND HOMMAGE À UN BÂTISSEUR ET À UNE MÉMOIRE COMMUNAUTAIRELe v...
09/05/2026

[OBSÈQUES DE MAURICE TATSA À BATCHAM]
LE SECTEUR TOUMGWANG REND HOMMAGE À UN BÂTISSEUR ET À UNE MÉMOIRE COMMUNAUTAIRE

Le village Nzingmegong 1, dans le secteur Toumgwang, groupement Batcham, a servi de cadre ce samedi 9 mai 2026 aux obsèques de Monsieur Maurice TATSA, ancien président du CODEGWANG (Sous-comité de Développement du Secteur Toumgwang), décédé le 27 avril dernier à Yaoundé.

Dans une atmosphère marquée par l’émotion et le recueillement, les témoignages prononcés au cours de la cérémonie ont retracé le parcours d’un homme dont l’engagement aura profondément marqué la vie associative et le développement communautaire du secteur Toumgwang.

Prenant la parole au nom du bureau exécutif du CODEGWANG, le président en exercice, Beaudelaire NGHODA LONTCHI, a rappelé que Maurice TATSA a dirigé l’organisation de août 1999 à août 2014 avec « dévouement et responsabilité », dans un esprit de rassemblement et de solidarité.
Son témoignage est revenu sur l’un des héritages majeurs du défunt à la tête du comité de développement : le suivi du dossier de création, d’ouverture et de construction des premiers bâtiments du CES de Bangwang, devenu aujourd’hui Lycée de Bangwang.
« Cette œuvre, qui continue de former et d’encadrer des générations de jeunes, demeure l’un des témoignages les plus éloquents de son attachement à l’éducation et à l’avenir de notre communauté », a déclaré le président du CODEGWANG.

Au-delà des réalisations matérielles, l’oraison funèbre a présenté Maurice TATSA comme un dirigeant profondément attaché au travail collectif et à la cohésion sociale. « Il croyait en la force de l’organisation communautaire et en la nécessité pour chaque fils et fille du secteur Toumgwang d’apporter sa pierre à l’édifice du développement local », a poursuivi Beaudelaire NGHODA LONTCHI.

L’émotion est davantage montée lorsque Sa Dignité THANG Dieudonné, représentant de la communauté Toumgwang de Yaoundé, a pris la parole pour évoquer les souvenirs personnels et le rôle historique joué par le disparu dans l’organisation communautaire.
Dans un témoignage poignant adressé directement au défunt, il a rappelé l’avoir aperçu à Yaoundé quelques jours seulement avant sa disparition, marchant encore avec énergie sur son trajet habituel entre le carrefour Jouvence et CRADAT. « Rien ne laissait entrevoir un lendemain aussi triste et décevant », a-t-il regretté.
Évoquant la disparition brutale de l’ancien président du CODEGWANG, il a parlé d’une communauté « désemparée et abattue », privée de « son principal animateur, son conseiller, son historien et sa mémoire d’enregistrement ».

Pour Sa Dignité THANG Dieudonné, Maurice TATSA incarnait une génération d’élites communautaires engagées, capables de mettre leurs compétences et leurs moyens au service du développement sans recherche d’intérêt personnel.

« Tu as fait montre d’une élite utile, responsable, sans opportunisme, sans zèle », a-t-il affirmé, saluant un homme toujours disponible pour accompagner les jeunes et soutenir les initiatives du Sous-comité de Développement Toumgwang ainsi que celles de la communauté Toumgwang de Yaoundé.
Le témoignage a également permis de revisiter plusieurs pages importantes de l’histoire du CODEGWANG et de la communauté Toumgwang de Yaoundé. Le représentant de la communauté a notamment rappelé que Maurice TATSA faisait partie des membres fondateurs de l’association et qu’il avait signé, avec d’autres responsables, la lettre d’invitation à l’Assemblée Générale Constitutive organisée en 1994.
Ancien président exécutif puis membre actif du Conseil de chefferie, présenté comme « le laboratoire de réflexion et d’orientation des activités des organes », Maurice TATSA aura, selon plusieurs intervenants, consacré une grande partie de sa vie au développement communautaire et à la transmission de la mémoire collective.

Entre chants traditionnels, prières et recueillement, les populations venues de plusieurs localités ont accompagné le défunt jusqu’à sa dernière demeure dans son village natal de Nzingmegong 1.

À travers ces obsèques, le secteur Toumgwang a rendu hommage non seulement à un ancien président du CODEGWANG, mais aussi à un homme dont le parcours professionnel, l’engagement communautaire et la mémoire continueront d’inspirer plusieurs générations.

Né le 19 janvier 1958 à Bamgem, Maurice TATSA aura construit un parcours académique et professionnel remarquable. Formé à l’Institut Sous-régional de Statistique et d’Économie Appliquée (ISSEA), où il obtient notamment des diplômes d’agent et de technicien de la statistique, il poursuivra ensuite des études universitaires à l’Université de Soa avant d’intégrer l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), cycle des inspecteurs des régies financières. Son parcours professionnel, marqué par la rigueur, l’organisation et le sens du service public, aura largement contribué à façonner l’homme méthodique et discipliné salué par tous durant ses obsèques

05/05/2026

Et si le handicap n’était pas une limite, mais une autre manière d’exprimer son potentiel ?

À la Commission des Droits de l'homme du Cameroun (CDHC), Janvier Ngalle Mbock, déficient visuel recruté en 2023, en est la preuve vivante.

Équipé, accompagné et intégré dans un environnement de travail inclusif, il contribue pleinement aux missions de l’institution.

Une expérience qui confirme la vision du Professeur James MOUANGUE KOBILA : Créer les conditions, et les talents s’expriment.

[HYGIÈNE ET SALUBRITÉ]DES COMITÉS DE QUARTIER, CLÉ DU SUCCÈS POUR UNE VILLE DE DSCHANG PROPREÀ Dschang, sous l'impulsion...
04/05/2026

[HYGIÈNE ET SALUBRITÉ]
DES COMITÉS DE QUARTIER, CLÉ DU SUCCÈS POUR UNE VILLE DE DSCHANG PROPRE

À Dschang, sous l'impulsion du Pr Emile TEMGOUA, la lutte contre l’insalubrité franchit un cap décisif avec le lancement du concours du quartier le plus propre. Mais au-delà de la compétition, c’est surtout un levier stratégique qui retient l’attention. Il s'agit de la mise en place des Comités d’Hygiène de Quartiers (CHQ), présentés comme de véritables outils de gouvernance locale de la salubrité.

Cette approche n’est pas anodine. Elle s’inspire de pratiques anciennes et efficaces observées dans plusieurs villages du Cameroun, où l’organisation communautaire autour de l’hygiène constitue depuis longtemps un pilier de la vie collective. Dans ces localités, la propreté n’etait jamais perçue comme une contrainte administrative, mais comme une responsabilité partagée, structurée autour de comités locaux capables de mobiliser, sensibiliser et agir.

En transposant ce modèle en milieu urbain, la Commune de Dschang fait le pari d’une gestion de proximité, plus participative et durable. Les CHQ ont ainsi pour mission de
coordonner les actions d’assainissement à l’échelle du quartier ; sensibiliser les populations aux bonnes pratiques ; organiser des journées communautaires de nettoyage ;
assurer une veille environnementale continue ;
promouvoir des solutions locales comme le tri et le compostage.

Le Maire intérimaire, le Pr Emile Temgoua, l’a d’ailleurs souligné lors du lancement officiel : l’amélioration du cadre de vie passe nécessairement par une implication directe des populations.

Une vision partagée par les autorités administratives et les services techniques, qui voient dans ces comités un maillon essentiel entre la commune et les citoyens.

Dans le contexte actuel, marqué par une urbanisation croissante et des défis environnementaux persistants, les CHQ apparaissent comme une réponse pragmatique et adaptée. Ils permettent non seulement de rapprocher la gestion des déchets des réalités locales, mais aussi de recréer du lien social autour d’un objectif commun : vivre dans un environnement sain.

L’engagement des organisations de la société civile et des chefs de quartiers et de villages vient renforcer cette dynamique, en favorisant l’appropriation du dispositif par les populations.

À terme, la réussite de cette initiative pourrait faire de Dschang un modèle de référence en matière de gouvernance locale de l’hygiène urbaine.

Plus qu’un simple concours, c’est donc une véritable transformation des pratiques qui est en marche, avec une conviction forte : la salubrité durable commence au niveau du quartier, portée par des populations organisées et responsables.

04/05/2026

URGENT!
Ceci est le signal universel pour demander de l'aide. Il a été créé pour permettre aux victimes de demander de l'aide en toute discrétion.

Apprenons ce signe à nos enfants et entraînons-nous régulièrement avec eux.
Informons également tous les parents et tuteurs de l'existence de ce signe, au cas où un enfant appellerait à l'aide et qu'ils ne sauraient pas quoi faire ou ce que cela signifie.

Faisons en sorte que cela se répande dans les églises, les écoles, les universités et à la maison.

Partagez et publiez.

Le CIRCOD partage cette tribune qui pose, avec lucidité, la question de la gouvernance locale et de ses défis dans nos c...
30/04/2026

Le CIRCOD partage cette tribune qui pose, avec lucidité, la question de la gouvernance locale et de ses défis dans nos collectivités.

Au-delà du cas de Dschang, elle invite à une réflexion plus large sur le rôle des élus, des institutions locales et des citoyens dans la construction d’un développement territorial durable.

Parce que le débat public est un levier essentiel d’amélioration de l’action publique, nous encourageons chacun à s’en saisir.




POUR UNE INTROSPECTION URGENTE DE LA COMMUNE DE DSCHANG (1996–2026)

Les obsèques officielles de Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou, organisées le samedi 25 avril à Dschang, ont donné lieu à une mobilisation empreinte d’émotion et de recueillement. Famille, autorités administratives, acteurs politiques et populations sont venus rendre un dernier hommage à celui qui dirigeait la Commune de Dschang.

Dans le même temps, la continuité de l’exécutif municipal est assurée par le Pr Émile TEMGOUA, dont la détermination et la volonté affichées traduisent une prise de responsabilité dans un contexte aussi sensible qu’exigeant.

Mais au-delà de l’émotion légitime suscitée par cette disparition et des enjeux immédiats liés à la transition, un fait mérite d’être interrogé avec lucidité : en trente ans, Dschang s’apprête à connaître son cinquième maire.

Ce chiffre, à lui seul, interpelle. Loin de traduire une vitalité démocratique, il révèle au contraire une instabilité chronique faite de ruptures successives, de trajectoires interrompues, de ressources dilapidées et d’opportunités manquées.

Cette instabilité a contribué à une dégradation progressive du cadre de vie dans une ville qui fut pourtant une référence. Il devient urgent de regarder la réalité en face.

UNE RECOMPOSITION POLITIQUE AUX EFFETS PERVERS

La création de la Commune de Dschang en 2007, issue de la fusion des ex-communes rurale et urbaine (avec création de la Commune de Fongo-Tongo), répondait à une logique politique assumée : reconfigurer le rapport de forces électoral en capitalisant sur le vote rural pour affaiblir une opposition solidement implantée en zone urbaine.

Si cette stratégie a produit des effets électoraux immédiats, notamment avec la défaite d’Étienne Sonkin du Social Democratic Front (SDF), elle n’a pas permis de poser les bases d’une gouvernance locale stable et performante. Au contraire, les années suivantes ont été marquées par des mandats aux résultats mitigés, fragilisés par des luttes internes, des rivalités de positionnement et des stratégies de déstabilisation au sein même des camps politiques. L’intérêt général a trop souvent cédé le pas à des ambitions personnelles.

UNE GOUVERNANCE EN PERTE DE REPÈRES

Là où la stabilité institutionnelle constitue ailleurs un levier de développement local, Dschang semble enfermée dans un cycle d’instabilité aux conséquences lourdes : projets inachevés, politiques publiques discontinues, perte de crédibilité auprès des partenaires et ralentissement du développement.

L'actuelle mandature apparaît particulièrement préoccupante, marquée par des démissions significatives au sein du personnel communal sans véritable clarification, une remise en cause des outils de gouvernance, un affaiblissement de la coopération décentralisée, une multiplication de projets non aboutis et des crises récurrentes fragilisant l’action municipale. Autant de signaux d’alerte qui traduisent une perte de cap.
Mais réduire cette situation à la seule responsabilité de l’exécutif serait une lecture incomplète.

DES ÉLUS LOCAUX : ENTRE RESPONSABILITÉ ET SILENCE

La gouvernance municipale ne saurait être réduite à la seule figure du maire. Elle engage l’ensemble des élus locaux, au premier rang desquels les conseillers municipaux.

Dans l’architecture institutionnelle des collectivités territoriales décentralisées au Cameroun, le conseil municipal est l’organe délibérant. À ce titre, il est censé orienter l’action publique locale, en contrôler la mise en œuvre et, le cas échéant, en corriger les dérives. Ce rôle est-il pleinement assumé ?

Les sessions du conseil municipal à Dschang sont-elles de véritables espaces de débat, d’évaluation et de confrontation des idées ?
Ou tendent-elles, au fil du temps, à se réduire à des exercices formels de validation, sans discussion réelle sur les choix structurants, les priorités ou les résultats ?
Car une gouvernance locale ne se dégrade jamais uniquement par l’action ou l’inaction d’un exécutif.
Elle se fragilise aussi lorsque l’organe chargé de délibérer, de questionner et de contrôler renonce progressivement à exercer ses prérogatives.

Dans ces conditions, les élus locaux ne peuvent se réfugier dans une posture d’observateurs : ils sont, au même titre que l’exécutif, comptables de la trajectoire de la commune.

UNE RÉALITÉ QUI DÉPASSE DSCHANG, MAIS N’EXCUSE RIEN

Il serait illusoire de considérer que les difficultés observées à Dschang lui sont propres. À bien des égards, elles renvoient à des pratiques que l’on retrouve dans de nombreuses collectivités à travers le pays.

Les conditions d’accès aux fonctions électives elles-mêmes sont souvent interrogées, au point que certains en viennent à relativiser la légitimité de ceux qui exercent aujourd’hui des responsabilités locales.

Mais cette réalité, aussi préoccupante soit-elle, ne saurait constituer une excuse.
Car être élu dans un contexte contesté n’interdit pas de gouverner avec rigueur, ni de faire preuve d’exigence dans l’exercice de ses fonctions. La légitimité ne se décrète pas uniquement dans les urnes ; elle se construit aussi dans l’action, dans la capacité à produire des résultats et à répondre aux attentes des populations.
Un élu peut être discuté dans son origine, mais reconnu dans son action.
À l’inverse, une légitimité formelle ne garantit en rien une gouvernance efficace.

DES CONTREPOIDS EN AFFAIBLISSEMENT

Mais la responsabilité de la gouvernance locale ne se limite ni à l’exécutif, ni aux élus.
Elle dépend aussi de l’existence de contrepoids capables d’interroger, de critiquer et d’équilibrer l’action publique.

OPPOSITION, PRESSE ET RESPONSABILITÉ COLLECTIVE : LES ANGLES MORTS DE LA GOUVERNANCE LOCALE

Il fut un temps où la vie politique à Dschang était animée par des voix critiques assumées.

Après son départ de la mairie, Étienne Sonkin s’était illustré par des prises de position régulières sur l’action communale.
Puis, progressivement, cette parole s’est estompée.

Sans qu’il soit nécessaire d’en tirer des conclusions hâtives, cette évolution interroge : que devient une gouvernance sans contradiction structurée ?
Car aucune action publique ne peut durablement produire des résultats sans contrepoids.
L’opposition politique, certes.
Mais aussi une autre forme d’opposition, tout aussi essentielle incarnée par la presse.

Or, à Dschang, ce rôle semble s’être affaibli.
Il faut le dire avec lucidité : le contexte économique difficile fragilise les acteurs des médias. Mais cette réalité ne saurait justifier certaines dérives, où l’indépendance éditoriale cède parfois le pas à des logiques de proximité ou de survie.

Ayant exercé les fonctions de Chef de Cellule de Communication (CELCOM) pendant plus de dix ans, sous plusieurs exécutifs municipaux, j’ai toujours considéré que le rôle du communicant public ne consistait pas à lisser la réalité, mais à accompagner une action publique ouverte à la critique.

Il m’est ainsi arrivé d’encourager les journalistes à exercer pleinement leur mission, y compris lorsqu’elle pouvait sembler inconfortable pour l’institution. Non par esprit de contradiction, mais par conviction : une gouvernance qui n’est pas interrogée finit toujours par se fragiliser.
Cette érosion progressive du regard critique n’est pas anodine, elle installe une gouvernance moins interrogée, donc plus vulnérable.

D’UNE VILLE MODÈLE À UNE VILLE EN QUÊTE DE SENS

Comment ne pas s’interroger sur le contraste entre le Dschang d’hier et celui d’aujourd’hui ? Ville pionnière en matière de coopération décentralisée, de gestion des déchets, d’accès à l’eau potable, d’initiatives en hydroélectricité, mais aussi en matière de tourisme avec la mise en place du tout premier office de tourisme d’Afrique centrale, Dschang a longtemps fait figure de modèle, inspirant bien au-delà de ses frontières. Elle attirait, elle innovait, elle faisait rêver. Aujourd’hui, elle doute.

Sur la période 1996–2026, quatre figures ont incarné la gouvernance municipale : Étienne Sonkin (1996–2007), le Pr Bernard Momo (2007–2013), S.M. Beaudelaire Donfack (2013–2020) et Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou (2020–2026), dont le décès marque une nouvelle rupture.
Chacun, à sa manière, aura porté une part d’ambition pour la ville, sans toutefois parvenir à inscrire durablement Dschang dans une trajectoire ascendante.

Il faut néanmoins le reconnaître avec lucidité : Dschang continuera longtemps de regretter le Pr Bernard Momo. Porteur de l’une des approches les plus structurées et les plus modernes pour la ville, il n’était pas simplement un gestionnaire, mais un véritable penseur de l’action publique locale.

Avec l’adoption de la loi n°2017/010 du 12 juillet 2017 portant statut général des établissements publics au Cameroun, l’État ouvrait aux collectivités territoriales une voie nouvelle : celle de la création d’établissements publics dotés d’une autonomie administrative et financière, capables de répondre avec efficacité aux exigences du développement local.
Mais là où beaucoup n’ont vu qu’un texte de plus, il avait, bien avant, perçu un levier de transformation.

Sa lecture stratégique de l’action publique locale l’avait conduit à poser les jalons d’un modèle innovant fondé sur la spécialisation des interventions et l’autonomisation des outils de gestion.

À travers la mise en place de structures comme l’Agence municipale de l’eau et de l’énergie, l’Agence de gestion des déchets ou encore la transformation de l’Office de tourisme en établissement public communal, il traduisait en actes une conviction forte : certaines missions essentielles exigent des instruments souples, capables de mobiliser des financements, de nouer des partenariats et de produire des résultats mesurables.
Il avait compris, avant beaucoup, que l’avenir de la décentralisation ne réside pas seulement dans le transfert des compétences, mais dans la capacité des collectivités à se doter d’outils adaptés pour les exercer efficacement.

Mais au-delà des outils, il y avait aussi une méthode. Constatant les limites du cadre local et refusant de s’enfermer dans des logiques de recrutement restreintes, il n’avait pas hésité à aller chercher ailleurs les compétences nécessaires à la mise en œuvre de sa vision.

Là où beaucoup d’exécutifs municipaux se contentaient de puiser dans des cercles proches, il avait fait le choix de l’ouverture et de l’exigence. C’est ainsi que la commune s’était dotée de profils spécialisés : urbaniste, ingénieur en génie civil, technicien supérieur en hydroélectricité, expert en communication, entre autres.

Ce choix traduisait une conviction simple : le développement local exige des compétences, et celles-ci doivent être recherchées là où elles se trouvent.
Pourtant, cette vision aura été combattue jusqu’à sa chute en 2013.

Comme un paradoxe révélateur, l’État lui-même viendra, moins d'un an plus t**d, consacrer la pertinence de son profil en le nommant coordonnateur du Programme national de gouvernance. Il disparaîtra plus t**d, emporté par la COVID-19, laissant derrière lui l’image d’un homme dont la vision n’a peut-être pas été comprise à son époque.
Depuis, cette dynamique s’est progressivement essoufflée.

UNE TRANSITION QUI INTERROGE

À très court terme, après la période intérimaire assurée par le Pr Émile TEMGOUA, il pourra être confirmé ou un autre membre du conseil municipal sera désigné pour assurer la continuité de l’exécutif communal.

Cette désignation, déjà envisagée avant le décès du maire à la suite de sa condamnation récente, interroge sur la profondeur du renouvellement à venir.

Ainsi, ce constat initial prend ici tout son sens : Dschang pourrait se retrouver, à l’issue des prochaines échéances électorales, avec un sixième maire en l’espace de trente ans, le cinquième n’étant qu’une transition issue de l’équipe actuelle. Dès lors, la question dépasse les trajectoires individuelles pour interroger le système de gouvernance lui-même.

UNE GOUVERNANCE À REPENSER : LA QUESTION DE L’INCLUSION

Au-delà des dynamiques politiques et des parcours individuels, la représentativité dans la gouvernance à Dschang mérite d’être posée.

Dschang semble s’être progressivement enfermée dans une logique implicite qui circonscrit certains espaces comme les principaux viviers du pouvoir municipal.
Mais qu’en est-il des autres composantes territoriales et sociologiques de la ville ?
Quid de Fotetsa, de Fossong-Wentcheng et de Fongo-Ndeng ?

Quid également de la forte communauté allogène qui contribue activement à la vitalité économique et sociale de la ville ?
Une ville ne peut durablement se développer en excluant, même implicitement, une partie de ses forces vives.

UN SURSAUT COLLECTIF S’IMPOSE

À l’approche de nouvelles échéances électorales, faut-il espérer l’émergence d’un homme providentiel ou admettre que le problème est plus profond et systémique ?

Dschang ne se relèvera pas par un simple changement de visage.
Elle a besoin d’un sursaut collectif.
Il est peut-être temps d’envisager l’organisation d’états généraux du développement local afin de poser un diagnostic partagé et de redéfinir une vision commune.

SAUVER DSCHANG, MAINTENANT

La véritable question n’est pas de savoir qui sera le prochain maire, mais ce que Dschang sera encore capable de devenir.

Une ville décline lorsque ses élites renoncent à l’essentiel, lorsque les institutions cessent de jouer leur rôle et lorsque l’exigence collective s’efface.

Dschang n’a peut-être pas échoué faute de vision, mais pour avoir refusé de reconnaître la sienne lorsqu’elle s’offrait à elle.

Carlos De Bordeaux

Adresse

307
Yaoundé

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