29/10/2025
🗣️ Tribune : Artisanat en péril, silence en mairie
Je suis boucher à Asnières-sur-Seine depuis 2006. J’ai vu évoluer la ville, ses habitants, ses commerces… et ses politiques. Aujourd’hui, à l’heure où je prends ma retraite, je ressens le besoin de témoigner. Non pas pour me plaindre, mais pour alerter.
🛠️ Une liberté d’entreprendre qui s’effrite
Quand j’ai racheté mon fonds de commerce, les règles étaient claires : tant que les travaux ne touchaient ni les fondations ni les murs porteurs, aucune autorisation municipale n’était requise. Le propriétaire était informé, les services d’hygiène et vétérinaires consultés. Et c’était tout. Aujourd’hui, cette liberté semble menacée par une bureaucratie de plus en plus pesante, même pour de simples aménagements.
🎉 Une dynamique commerciale portée par les artisans
En 2015, avec quelques collègues, nous avons lancé la Semaine du goût dans notre rue. Au départ, nous n’étions que deux. Puis, grâce au soutien de la mairie et de figures comme M. Stéphane Pessic, nous avons fédéré les commerçants, organisé des animations, des tombolas, des rencontres avec les enfants, des fêtes de quartier. Les médias ont salué notre initiative, et les habitants ont répondu présents.
Mais cette dynamique s’est essoufflée. Un désaccord entre notre association et la mairie a tout freiné. Et depuis, plus rien dans les rues. Tout se concentre sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Quelle tristesse pour les Asniérois.
😷 Solidarité pendant la crise, silence en retour
Pendant le Covid, j’ai fourni gratuitement 1 000 masques et 1 000 blouses jetables à la maison de retraite derrière la mairie. Sans un mot de remerciement. J’ai organisé des repas étudiants à 1 € par jour, récolté 5 000 € grâce à mes clients. Les médias ont salué l’initiative, des ministres m’ont appelé. Mais localement ? Silence.
🚫 Refus d’ouverture, refus d’avenir
Chaque année, nous demandons à intervenir dans les écoles et collèges pour faire découvrir l’artisanat. Refus systématique. Pourtant, sans apprentis, il n’y aura plus d’ouvriers. Et sans ouvriers, plus de repreneurs. Résultat : ma boucherie est en vente, aucun boucher ne s’est présenté. Un rôtisseur l’a achetée au prix estimé. La mairie a voulu exercer son droit de préemption… mais sans les moyens. On ne rachète pas un commerce bien placé avec des miettes.
⚠️ L’artisanat disparaît, et avec lui l’âme des quartiers
Ce qui me peine le plus, ce n’est pas la fin de ma carrière. C’est de voir les boucheries disparaître, les commerces de proximité s’éteindre, les rues se vider. Tant que les mentalités — humaines et politiques — ne changent pas, ce fléau continuera.
Je suis désormais disponible. Et je suis prêt à défendre les artisans et les commerçants. Pour cela, il faut porter notre voix là où elle compte : à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les médias, et dans les urnes.