07/12/2025
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Construction volontaire d’une révolte : les paysans tombent, le pays s’effondre
Un à un, les dominos chutent, entraînant ce que nous ne devrions jamais toucher, et nous enfonçant dans le chaos.
Mais qui peut croire qu’en entravant notre travail, nous les paysans, la sécurité et la stabilité d’un État peuvent être assurées?
Pourquoi venez-vous abattre nos animaux alors que nous nous sommes fendus des actions nécessaires pour protéger nos troupeaux avec vos dictats pharmaceutiques?
La maladie n’est même pas contagieuse pour l’homme.
Vous envoyez 200 membres des forces de l’ordre pour casser la gu**le à ceux qui vous nourrissent.
La population aimerait vous voir mobiliser autant de moyens pour juguler le narco-trafic.
Le peuple attend les images du même déploiement de force dans les quartiers où des plaques tournantes à ciel ouvert vendent, en toute impunité, de la m***e qui tue, qui abîme notre jeunesse et leurs parents.
Quelle indignité, en plus de votre folie.
Deux syndicats qui ne sont pas à la solde des puissants de l’agro et consorts ont averti : si l’État persiste, il y aura des réponses à la hauteur de la disproportion que vous employez.
Ne vous trompez pas : vos LBD éborgnent, oui c’est certain. Mais vos camions des forces de l’ordre ne font pas le poids face aux tracteurs.
Prochaine étape, les tanks?
La colère existe, oui, mais elle ne signifie pas que les paysans désirent la confrontation.
L’État est devenu une fabrique à kamikazes.
Vous vous en prenez à une population exsangue, qui a le taux de su***de le plus élevé de toutes les professions, un métier dont le sens profond et l’engagement tiennent presque du religieux… et vous voudriez que ces hommes et ces femmes, déjà à genoux, posent la tête sur le billot au nom de vos pensées hors-sol?
Je pense à J., éleveur laitier, 38 ans, qui a passé deux nuits à remplir vos dossiers kafkaïens pendant que sa femme trayait seule. “Je n’y arrive plus”, a-t-il dit.
Vous vous adressez à une population qui, de très loin, a le plus de noms sur les stèles des guerres mondiales.
Les pécores qui ont canné dans les tranchées pendant que leurs femmes faisaient tourner les fermes qui nourrissaient la France.
Les mêmes qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et après, ont soutenu l’effort national et à qui vous avez demandé de produire encore plus pour développer le pays sans quoi rien n’aurait été possible.
Et aujourd’hui?
Vous nous laissez crever dans nos fermes dans l’indifférence.
Vous nous étouffez sous votre paperasse alors que nous devrions être dehors, à faire pousser du vivant, plutôt que de cultiver vos chiffres et vos CERFA.
Vous nous envoyez les forces de l’ordre alors que nous avons besoin d’être soutenus, soignés, reconnus.
Vous êtes l’ineffable incarné,
le pouvoir brut déshumanisé,
la bêtise crasse matérialisée.
Nous ne voulons pas la guerre : nous demandons un dialogue réel, la reconnaissance de notre rôle vital, et les moyens de reconstruire un modèle agricole qui tienne debout.