20/04/2026
On sâest levĂ©es avec les poules lundi 30 mars pour aller Ă la rencontre de 3 producteur-ices en commençant par Tracy Decotte, productrice dâĆufs BIO Ă Miribel-LanchĂątre, au pied de la grande Moucherolle. Toutes rĂ©unies dans une mĂȘme voiture 6 places, heureusement que Nolwenn a lâestomac bien accrochĂ© pour la place du fond. On vous raconte cette pâtite excursion !
Tracy nous avait prĂ©venues, avec lâhiver, la ferme se transforme en un grand champ de gadoue, il faut des bottes ! On est si bien accueillies avec le cafĂ© et du pain perdu maison, ça nous fait oublier ce rĂ©veil matinal du lundi, si inhabituel pour nous. On discute entre les piles de boĂźtes Ă Ćufs et la ponte des derniers jours. Tracy suit minutieusement la production de chaque poulailler â qui portent les noms des grands-mĂšres de la famille : Maurice, Yvonne, Martine et Godeleine.
PassionnĂ©e de gĂ©nĂ©tique, Tracy a commencĂ© Ă Ă©lever des poules par loisir, en choisissant des variĂ©tĂ©s pondeuses dâĆufs colorĂ©s. EncouragĂ©e ensuite par son entourage, cette ancienne gĂ©ographe a ouvert sa ferme pour retrouver le goĂ»t de la vie en plein air aprĂšs quelques annĂ©es enfermĂ©e dans un laboratoire. Les producteurs dâĆufs dans la rĂ©gion se comptent sur les doigts dâune main et les Ćufs de Tracy sont trĂšs demandĂ©s. Elle vend Ă quelques professionnels comme nous, mais aussi en direct de sa ferme ou au marchĂ© de Vif.
Tracy est la dĂ©finition de joie de la vivre, sa bonne humeur est contagieuse ! Mais parfois il y a des coups durs. AprĂšs lâattaque de ses poules par des bĂȘtes sauvages, elle a vu sa production chuter, les poules survivantes Ă©tant traumatisĂ©es. Elle se confie sur le fait que parfois elle se demande pourquoi continuer ce mĂ©tier si peu rĂ©munĂ©rateur et dans lequel on peine Ă prendre juste une semaine de vacances. Et oui, les poules pondent et mangent tous les jours ! Alors elle se raccroche Ă ses poules quâelle affectionne tant, le fait de pouvoir passer du temps avec ses enfants tous les jours mĂȘme si câest toujours au milieu des poules, et Ă la fiertĂ© de cette entreprise quâelle a créé sur les terres quâelle loue Ă la famille de son mari. Ce dernier qui est dâun grand soutien sur lâexploitation, toujours prĂȘt Ă aider aprĂšs son boulot. Et puis le nouveau lot de poules est arrivĂ©, et lâactivitĂ© va remonter.
Tracy a choisi dâavoir des poulaillers mobiles, oĂč rien nâest automatisĂ© ou connectĂ©, afin que ses poules aient un maximum de terrain de jeu. CâĂ©tait aussi un moins gros investissement Ă lâinstallation. Seulement, amener lâeau et la nourriture tous les jours rendent la tĂąche difficile. Elle est Ă 80 % de production au mieux, câest Ă dire que chaque poule pond 8 jours sur 10. Cela pourrait ĂȘtre augmentĂ© si les poules pouvaient manger toutes les 2 heures. Elle envisage un bĂątiment en dur, plus moderne pour agrandir son exploitation.
Avoir un Ă©levage bio câest des coĂ»ts supplĂ©mentaires. Les poules sont moins nombreuses dans les poulaillers, doivent avoir accĂšs a lâextĂ©rieur, mangent des grains bio plus chĂšres et sont plus chĂšres Ă lâachat car elles ont Ă©tĂ© Ă©levĂ©es en bio dĂšs la naissance. La grippe aviaire est une menace forte pour les Ă©leveurs. Il faut donc sâhabiller avec une combinaison et des protĂšges-chaussures pour ne pas amener de germes de lâextĂ©rieur, au top de la mode comme vous pouvez le voir !
Les poules nous picorent les jambes Ă lâarrivĂ©e. Elles sont toutes rousses, ce sont des highline, la rolls-royce des poules pondeuses. Elles perdent parfois leur plumes au niveau du cou Ă force de se frotter Ă la mangeoire et les plumes ne repoussent quâĂ la mue environ 1 fois par an. Tracy les garde 15 mois minimum puis sâoblige Ă les vendre Ă des particuliers pour leur donner une 2Ăšme vie !
La colline aux oiseaux