27/05/2026
Encore une fois, nos magasins se retrouvent à devoir assumer les conséquences d’une organisation logistique devenue totalement défaillante.
Après les ruptures permanentes, les pénuries à répétition et les livraisons incomplètes dans pratiquement tous les univers — épicerie, liquide, bazar, frais et désormais surgelés — il est désormais devenu habituel de voir les responsabilités renvoyées vers “un problème de transport”, “une navette non livrée” ou “un incident logistique”.
À force, ces excuses finissent par devenir un mode de fonctionnement plus qu’un incident exceptionnel.
Pendant ce temps-là, ce sont nos magasins indépendants qui encaissent les conséquences : des rayons vides, des clients mécontents, une perte de chiffre d’affaires, une perte de marge, une image dégradée et une trésorerie de plus en plus fragile.
Car contrairement à certains bureaux qui raisonnent en tableaux Excel et en dividendes, nous, sur le terrain, nous devons faire tourner des commerces avec de vrais salariés, de vraies charges et de vrais clients qui attendent un magasin propre, plein et commerçant.
Comment développer nos magasins dans ces conditions ? Comment fidéliser une clientèle quand les ruptures deviennent plus visibles que les promotions ? Comment parler de performance commerciale quand les livraisons ressemblent davantage à des demi-commandes qu’à un approvisionnement sérieux ?
Aujourd’hui, Carrefour affiche une volonté de développer toujours plus la franchise.
Très bien. Mais le minimum de respect envers ses franchisés serait déjà de les approvisionner correctement.
Nous payons suffisamment de frais, de redevances et de contraintes imposées par le groupe pour espérer en retour un service logistique fiable et professionnel.
Il serait peut-être temps que l’argent distribué en millions de dividendes serve également à réinvestir dans ce qui faisait autrefois la force du groupe :
une logistique performante,
des entrepôts fiables,
des taux de rupture maîtrisés,
et surtout du professionnalisme.
Car oui, il fut un temps où les magasins étaient correctement servis et où les ruptures restaient exceptionnelles.
Aujourd’hui, elles deviennent la norme.
À continuer ainsi, les magasins deviendront de moins en moins attractifs, de moins en moins rentables, et les franchisés auront de plus en plus de mal à survivre économiquement.
Nous demandons simplement ce qui devrait être normal : pouvoir travailler correctement, avec des livraisons fiables, des stocks cohérents et un franchiseur qui joue enfin son rôle de partenaire plutôt que celui d’un fournisseur incapable d’assurer ses engagements.
CARREFOUR, on se réveille...