27/08/2026
Les fruits et légumes seront « plus petits, plus moches et plus chers ».
On a bien lu.
Sauf que « moche », c’est un mot d’usine, pas un mot de jardin.
La nature n’a jamais produit de tomate parfaitement ronde, de carotte calibrée au millimètre, de courgette sans tache. Elle produit des vivants. Des formes un peu tordues, des peaux imparfaites, des calibres qui varient selon la pluie, le vent et le soleil.
C’est l’industrialisation qui a inventé le critère de beauté : lisse, identique, photogénique, jetable dès qu’il sort du moule. Pendant des années, on a jeté ce qui n’entrait pas dans la case. On appelait ça du déclassé. On appelait ça moche.
Si on doit coller un adjectif à ce qui pousse vraiment dans la terre, alors « moche » devient un compliment.
Moche, ça veut dire : pas formaté.
Moche, ça veut dire : il a connu la chaleur, le manque d’eau, la vraie saison.
Moche, ça veut dire : il n’a pas été trié pour faire joli sur une photo, mais pour nourrir.
Achetez-les quand même. Pas par pitié. Par bon sens.
Parce qu’un légume « moche » a souvent le même goût, les mêmes nutriments, et surtout la même honnêteté qu’un légume « beau ».
La nature n’est pas un rayon.
Elle n’a jamais eu à passer un casting.
Et si « moche » est le mot qu’on lui donne aujourd’hui, alors portons-le comme une fierté.
De plus nos tarifs restent inchangés.
Nous prenons que rarement position sur Facebook sur ce genre de sujet mais nous tenions cette fois ci à clarifier les choses.
À cause de la sécheresse et de la canicule qui ont fait souffrir l'agriculture, les prix des fruits et légumes ont "augmenté de 13% en moyenne cet été", selon le patron Coopérative U, Dominique Schelcher. Les calibres sont aussi nettement plus petits.