09/05/2025
De Violaine Frappesauce (épicière ambulante à cheval de 2010 à 2023) et Jacqueline Le Léap (ancienne élue Questembert, à l'origine du projet de traction animale)
En réaction à la pétition lancée par Serge Buchet, conseiller délégué à la condition animale pour la municipalité de Rochefort-en-Terre et membre du parti écologique et antispéciste Révolution écologique pour le vivant. Cette pétition vise à faire cesser l’utilisation des chevaux utilitaires à Questembert.
S’inquiéter du bien être animal est tout à fait louable, mais accuser sans fondement est injuste, dénigrant pour l'ensemble des personnes travaillant autour du cheval (de l'éleveur au cocher), voire diffamatoire.
Nous tenons à rétablir certaines connaissances pour que chacun puisse réellement se faire son opinion.
M. Buchet évoque « de nombreux exemples de souffrances » pour l'animal :
- les « conditions météorologiques »? Faux ! Des aménagements d'horaires sont effectués pour palier à de mauvaises conditions et parfois, le chômage technique est décidé
- « tracter des charges trop lourdes »? Faux ! Un cheval peut tracter 1.5 fois son poids sans difficulté, à Questembert, ils travaillent en paire, donc la marge est grande !
- « stress engins motorisés » ? la confiance qui unit le meneur et son animal réduit largement cette part de stress, le postier breton étant particulièrement adaptable
- « accident »? « chevaux percutés »? Faux ! A notre connaissance ainsi qu’à celle de l’association Faire à Cheval, très impliquée dans le cheval au travail, cela n’a jamais eu lieu.
Par ailleurs, faisons un petit historique du Postier Breton…"son élevage s'organise dès la fin du XVIIe siècle sous l'influence de très nombreux croisements. Apprécié des militaires comme des paysans pour son amble confortable, sa capacité de traction et sa polyvalence, le Breton connaît un grand succès à l'arrivée du XXe siècle...les années 1970 marquent une forte réduction de l'élevage. La réorientation de celui-ci vers la production de viande à destination de l'Italie survient vers 1980. Avec l'essor de l'équitation de loisir dans les années 1990, le Breton retrouve ses anciennes fonctions de cheval d'attelage."
Il faut comprendre qu'à l'arrivée des engins motorisés 2ème moitié du 20ème siècle , le postier breton, comme tous les chevaux "lourds", c’est raréfié, et il ne s'est maintenu que par le biais de la boucherie chevaline.
Le cheval utilitaire est une autre solution pour maintenir cette formidable race, qui est d’ailleurs une partie intégrante du patrimoine breton.
Il sait faire beaucoup de choses : compétences multiples, adaptabilité, puissance…
Il aime aussi faire beaucoup …il est demandeur, généreux et épanoui dans le travail.
Il apporte humainement des ressources incroyables, désormais reconnues pour le lien social et la confiance en soi, il intervient dans de nombreuses structures auprès de personnes âgées, ou porteuses de handicap entre autre.
Quelle est l’objectif de cette pétition ? Quel est votre "cheval de bataille" ? Vouer le cheval exclusivement à la boucherie ? Éradiquer les races de chevaux utilitaires ?
À l’époque de grands questionnements humains et planétaires, il nous semble que le groupe ayant rédigé cette pétition fait un total hors sujet ! Or quand on domine mal un sujet, il est extrêmement dommageable d’avancer de telles accusations.
Si toutefois vous avez le courage, M. Buchet, de relever l’invitation de Boris Lemaire (maire de Questembert) pour venir travailler avec ces chevaux et leurs accompagnants, nous tacherons aussi de vous rejoindre. Sans "monter sur nos grands chevaux" nous tenterons de discuter de façon franche, argumentée et honnête.
Animaux - Signez la pétition : Pour que la mairie de Questembert garde ses chevaux