28/03/2026
INSPIRATION DU JOUR - texte d'Octobre 2024 (décidément c'était encore en Octobre)
Une réflexion qui va bien avec le thème de mon dernier roman : "J'écris pour que tu m'écoutes" et qui va bien avec une parole écrite par Noa, ce jeune hypersensible "Si la parole ne sert plus qu'à ça (blesser, mépriser, rabaisser...) alors elle ne sert plus à rien" et c'est ainsi qu'il fait le choix de se taire.
Le seul moyen d'entrer en communication avec Noa devient l'écrit ! Mais que c'est brillant ! Oui parce qu'entre la pensée et la parole, il n'y a que très peu de filtres, la parole est un automatisme, la parole est immatérielle. On peut blesser, se moquer, rabaisser, humilier et aussitôt se réfugier derrière des excuses "tu as mal compris", "il s'agit de ton interprétation", "je n'ai jamais dit ça" etc...
On ne s'entend pas parler même si l'on dit que certains aiment s'écouter parler... ce n'est pas tout à fait pareil non plus.
J'ai eu récemment deux exemples extrêmement probants :
- Un auteur qui a été édité par une grande maison d'édition, a voulu gentiment aider une de ses amies à l'être à son tour, en l'orientant vers une personne référente de sa maison d'édition.
Il m'a rapporté ce qui a été dit à cette primo auteure :
"Nous ne signerons pas avec vous pour un premier roman, parce que vous n'êtes personne"
Je trouve cela d'une extrême violence...
Mais qui êtes-vous, vous ? Pour oser dire cela à quelqu'un, oui quelqu'un, parce que personne n'est personne !
Je trouve qu'il y avait tellement d'autres manières de passer le message et de façon constructive et non aussi stérile !
Elle aurait pu dire "Faites vous un réseau, travaillez votre communication et revenez nous voir dans quelques temps."
"Nous ne pouvons placer suffisamment de moyens de communication et de mise en avant sur chacun de nos auteurs pour qu'ils puissent être vus et donc lus à minima, cela nous reviendrait bien trop cher, c'est à vous de faire un maximum en amont pour que nous puissions prendre le relai, mais en partant déjà d'une belle communauté existante"
"Vous savez les choses ont changé, les temps changent, aujourd'hui même si vous avez du talent, il vous faut un réseau, il vous faut gagner en visibilité, en image etc..."
Bref cela lui prenait trois phrases de plus, mais surtout une bonne dose d'humanité en plus... pour que cette jeune personne ne quitte pas son bureau, ou la discussion, juste déçue (pour les moins sensibles) ou carrément abattue (pour les plus sensibles qui penseront que rien ne sert de continuer puisqu'ils ne sont personne)...
Evidemment on comprend ce que la personne avait voulu dire, ou insinuait par "vous n'êtes personne", elle voulait dire "devenez quelqu'un"... Mais qu'est-ce que ça veut dire devenez quelqu'un ? Cela veut dire devenir visible, populaire, suffisamment connu, suivi dans un monde réel ou virtuel, ou les deux.
Certes, mais en y mettant la forme, au lieu de démoraliser ou de briser des rêves, elle aurait pu, au contraire, inspirer courage et motivation.
Je viens juste d'écouter une phrase inspirante sur le mot courage qui se décompose par "mettre du cœur à l'ouvrage" et bien encourager prend tout sous son sens non ? Mettre un peu de cœur dans sa communication verbale afin de motiver l'autre à se remettre à l'ouvrage.
Et un peu plus récemment, une mère et sa fille...
La mère expliquait les problèmes qu'elle avait avec sa fille... Exprimant qu'elle ne savait plus quoi faire d'elle, que rien n'y faisait, qu'elle prenait tout de manière excessive, qu'elle ne supportait plus rien, qu'un rien la mettait hors d'elle etc... Seulement le ton et l'agacement débordaient de tout son être et de chaque mot prononcé.
J'observais la réaction de la fille à côté, dont les larmes montaient.
J'étais très mal à l'aise pour cette jeune fille, qui clairement se sentait humiliée et aurait eu envie de disparaître dans un trou de souris.
Pourquoi Noa dans mon roman suggère de passer par l'écrit ?
Parce que quand on écrit ce qu'on s'apprête à dire alors le papier, le support sur lequel on écrit devient un miroir, on se voit, on voit ce qu'on va dire, ce qu'on va être... Et je pense qu'alors, on tempère, on est plus à même de faire preuve de tact, peut-être de discrétion et surtout de plus de respect envers l'autre.
Bien sûr que je ne suis pas responsable de la manière dont l'autre reçoit le message, encore que... c'est un peu simpliste comme concept... et surtout, ça ne s'applique pas aux enfants.
Bien sûr on n'est pas responsable de l'état émotionnel de son interlocuteur, mais par contre on est responsable de son propre état émotionnel et de ce que l'on dit, or si l'on est méprisant, condescendant, humiliant, cela est directement lié à son propre état... D'où me vient ce besoin ? Ou d'où me vient cette incapacité à montrer un soupçon d'empathie envers l'autre, de ne pas être en mesure de me mettre à sa place ? de ne pas percevoir qu'on le met mal à l'aise ? ou qu'on le blesse ?
Qu'en pensez-vous ?
Mag.B.Auteur
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