19/04/2026
Pour elles.
Pour la femme Kpèlè qu’on appelle « épouse » sans contrat,
et qu’on appelle « étrangère » quand l’homme s’en va.
Pour celle qui s’endort avec la faim des enfants dans le ventre,
et qui se réveille avec leur avenir sur la tête.
Pour celle qui a sarclé le champ, pilé le riz, vendu au marché,
et qui rentre le soir dans une case vide de tout, sauf de responsabilités.
Pour celle à qui l’union libre a promis la liberté,
et qui n’a reçu que la solitude avec factures.
Vous n’êtes pas invisibles.
Votre dos courbé tient des villages entiers debout.
Votre silence n’est pas une faiblesse : c’est le bruit que fait la dignité quand elle refuse de mendier.
Que le monde le sache :
Abandonner une mère, c’est mettre le feu à la banque du grenier.
On ne s’en rend compte que quand la famine arrive.
Honneur à vous. Force à vous. Respect à vous.
Vous n’êtes pas seules, même quand la case est vide.
Elisabeth Koulemou
_Avril 2026_