12/12/2025
Je suis en prison dans mon propre pays.
Je suis en prison dans ma terre natale.
Je suis en prison dans la terre de mes ancêtres
Une terre qui aurait dû être un foyer,
Mais qui est devenue un lieu de peur, de lutte et de souffrance silencieuse.
Je vis dans un pays où un homme en uniforme a plus de droits que le pauvre civil qu’il est censé protéger.
Un pays où il devient le devoir du civil sans pouvoir de veiller sur un homme en uniforme jusqu’à l’aube,
Parce que refuser peut te coûter ta paix, ta dignité, ou même ta liberté.
Je vis dans un pays où les pauvres doivent presque adorer un homme en uniforme
Juste pour gagner leur pain quotidien,
Juste pour éviter les problèmes,
Juste pour rester en vie.
Le respect est devenu peur,
Et le service est devenu oppression.
C’est un pays où le tribalisme est le fondement de la politique.
Où les dirigeants sont choisis selon leur tribu et non leur mérite.
Où ton avenir dépend non pas de ton intelligence, de tes compétences ou de tes rêves,
Mais du fait que ton nom appartienne au « bon » groupe.
Dans mon pays aujourd’hui, le seul “emploi” disponible pour les jeunes,
C’est de danser derrière les politiciens,
De crier dans les rassemblements,
De louer ce grand homme noir en treillis
Qui se tient sur les podiums en promettant l’espoir,
Pendant que les jeunes souffrent en silence.
Les jeunes ne font pas partie du développement de la nation.
Nous sommes exclus, ignorés, oubliés.
On ne se souvient de nous qu’en période électorale
Quand nos voix comptent seulement pour les votes,
Jamais pour le progrès.
Et malgré tout cela,
Ces mêmes dirigeants viennent devant nous
Pour nous dire de ne pas migrer irrégulièrement,
De ne pas risquer le désert du Sahara,
De ne pas tenter la mer Méditerranée,
Comme s’ils nous offraient quelque chose qui donne envie de rester.
Mais attendez
Laissez-moi dire la vérité aujourd’hui.
Nous préférons mourir dans la mer Méditerranée,
Nous préférons disparaître dans le désert du Sahara,
Plutôt que de rester assis à regarder nos familles mourir lentement
De faim, de pauvreté et de désespoir.
Laissez-moi parler de ma propre vie.
Je fais un stage depuis presque un an.
Aucun accord de travail.
Aucun contrat.
Aucun salaire.
Aucun avenir en vue.
Et il n’y a aucun endroit pour se plaindre,
Aucune autorité pour entendre ma voix,
Aucun système pour protéger mes droits.
Je dois juste accepter,
Avaler,
Et avancer avec ça
Comme si cette souffrance était normale.
Et dans ce pays, chaque fois que tu dis la vérité,
On dit que tu es contre le président.
On te traite d’ennemi.
On te réduit au silence.
On te menace.
On peut t’enfermer dans un endroit sombre
Où personne ne saura qui tu es ni ce qui t’est arrivé.
C’est la réalité dans laquelle nous vivons.
C’est la vérité qu’on nous interdit de dire.
C’est la douleur que nous portons chaque jour.
Nous ne demandons pas le luxe.
Nous demandons la dignité.
Nous demandons l’opportunité.
Nous demandons le droit de vivre comme des êtres humains dans notre propre pays.
En attendant ce jour, nous restons des prisonniers
Non pas derrière des barreaux,
Mais dans notre propre pays,
Dans notre propre terre,
Dans la terre de nos ancêtres.